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Couleur orange

Jeudi 21 Decembre, Luang Prabang

jeudi 21 décembre 2006, par Laure


Ce matin, le reveil sonne avant 6 heures : nous ne voulons pas rater la grande ceremonie matinale de Luang Prabang, l’aumone des moines. Tous les matins, les moines de tous les temples de la ville (et ils sont nombreux) se rassemblent et parcourent les rues au lever du soleil pour quemander des offrandes de nourriture aux habitants. Nous avons mal calcule notre coup et le soleil n’est pas encore leve quand nous arrivons dans la rue. Le temps est brumeux et tres froid et, meme si nous sommes en plein hiver, c’est plutot surprenant pour un pays comme le Laos que l’on imagine toujours sous un soleil brulant. Les rues sont etrangement desertes et pas le moindre moine n’apparait a l’horizon. Nous retrouvons un semblant d’animation en arrivant dans la rue principale : les moines et les touristes ne sont pas encore la mais les marchandes de rue si ! Alors que les offrandes sont traditionnellement offertes par les habitants qui ont cuisine un peu de riz ou achete le necessaire auparavant, depuis le boom touristique de la ville des marchandes ont flaire le filon et proposent dans de grands paniers des offrandes de nourriture toute prete a faire aux moines, comme de petits paniers de riz. Comme nous sommes leur seule cible visible, elles nous harcelent et tentent a tout prix de nous vendre leur marchandise. Alors que le ciel s’eclaire peu a peu, nous apercevons un groupe de moines du monastere voisin attendant dans une rue transversale que le cortege s’organise. Peu apres, la longue procession commence : a perte de vue dans cette grande avenue s’etend une longue file orange qui avance doucement. Les moines, crane rase, robe orange vif, sebile a la main et pieds nus remontent l’avenue en marquant une pause devant chaque habitant venu faire l’aumone. Les pauvres semblent geles, vetus d’une simple robe et pieds nus, alors que nous grelottons dans nos habits chauds. Cette vision d’un autre monde est plutot impressionnante, surtout qu’elle se deroule dans un calme absolu, personne ne prononcant un mot. Helas, comme souvent, il faut que les touristes gachent tout. Alors qu’il est considere comme incorrect de se tenir avec la tete plus haute que celle d’un moine et que les habitants sont ainsi tous agenouilles ou assis, les touristes vadrouillent tranquillement au milieu de la rue ou sur le trottoir, debouts pour prendre de meilleures photos. Les plus sans gene n’hesitent pas a brandir leur objectif sous le nez des moines, a les assommer de flashes ou a commenter bruyamment ce qu’ils voient. Je suis revoltee par un tel sans gene, surtout qu’un peu partout dans la ville des affiches expliquent que les moines sont vraiment importunes par le comportement de certains touristes et rappellent les regles elementaires a respecter. J’ai honte de leur comportement et essaye de me faire toute petite dans un coin.

Apres un bon petit dejeuner pour reprendre des forces, nous decidons de continuer cette journee de maniere sportive en louant des velos a notre guesthouse. Finis les VTT, cette fois ce sont de lourds velos typiquement laotiens (ou chinois) mais ils sont pour compenser repeints de frais, ce qui me permet d’heriter d’un magnifique velo rose fuschia tandis que Thibaut parade sur un rouge vif. Nous voulons sortir un peu de la ville pour decouvrir ses environs plus campagnards. Ca tombe bien, nous avons meme un pretexte pour cette promenade : partir a la recherche de la tombe de Henri Mouhot, un celebre explorateur francais (pensez, c’est lui qui a decouvert le temple d’Angkor au Cambodge) mort au Laos. Apres nous etre perdus dans les faubourgs de la ville, nous prenons enfin la bonne route et retrouvons la vraie campagne laotienne comme nous l’aimons. Fini la route goudronnee, nous progressons sur une piste de terre rouge vif, a travers de petits villages tout simples et dans les plantations de teck. Apres quelques kilometres, nous abandonnons les velos pour un petit chemin a peine marque descendant jusqu’a la riviere, la longeant et remontant ensuite. La, perdue dans une clairiere en pleine jungle, se dresse la fameuse tombe, parallelepipede blanc tout simple grave d’une inscription. L’ambiance tres "Indiana Jones" avec une vegetation exuberante convient bien a la tombe de ce jeune explorateur mort de malaria a 36 ans. En revenant le long de la riviere, nous contemplons des villageois en train de pecher avec une drole de technique. Tous sont debout en file indienne au milieu de la riviere maintenant des filets dans le courant et les relevant au gre des prises. Nous avons droit a de grands saluts joyeux et les observons quelques temps. Cette promenade bien sympathique loin des circuits les plus courus par les touristes me reconcilie un peu avec Luang Prabang.

Le soir, nous profitons une derniere fois du grand marche de la ville. Tous les jours en fin d’apres midi, un grand boulevard est ferme a la circulation et envahi par les marchandes ambulantes. Celles-ci debarquent des villages voisins en saongthew, transportant de grands sacs platiques rayes pas tres couleur locale mais apparemment bien pratiques pour transporter leurs marchandises. Sur des centaines de metres, nous nous promenons entre des dizaines de stands d’artisanat ou les objets sont le plus souvent tout simplement etales par terre. Meme si tout ca est (une fois de plus) tres touristique et si malheureusement beaucoup des objets presentes sont identiques et surement fabriques en serie, on y trouve quand meme de jolies choses et je fais quelques achats souvenirs. Nous prevoyons d’expedier un colis de Chiang Mai, en Thailande, ou nous serons d’ici quelques jours afin d’alleger nos sacs devenus trop lourds et j’en profite pour pouvoir, pour une fois, craquer sur les objets que je trouve jolis, lanternes en papier, petits coeurs en tissu a suspendre ou tissus chamarres. L’autre interet de ce marche, ce sont les petits stands de nourriture typiques ou des dames installees derriere un petit etal preparent pour quelques kips de delicieux petits plats. Nous nous regalons de soupes de nouilles bien epicees et de poissons grilles entiers rotis devant nous sur un barbecue. Le tout est de ne pas trop se tromper en choisissant les plats un peu au hasard : ainsi, Thibaut convoite un plat emballe dans une feuille de bananier qui se revele une fois ouvert... de la viande hachee a faire cuire totalement inconsommable donc ! Nous faisons des stocks d’excellents cakes aux fruits et de droles de desserts rose ou vert fluo a base de riz gluant cuit dans le lait de coco. Demain nous prenons le bateau pour deux jours de trajet sur le Mekong et le voyage risque d’etre long.

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