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L’ile du poete

Jeudi 12 Avril, Valparaiso

jeudi 12 avril 2007, par Laure


La visite de la maison de Pablo Neruda nous a tant passionnes que nous decidons d’aller a la decouverte de sa 3e demeure, situee a Isla Negra, un petit village au bord de l’ocean. C’etait la preferee du poete et nous sommes curieux d’en savoir plus et de decouvrir un autre petit bout de vie de ce personnage fascinant. Mieux vaut etre motives car Isla Negra se trouve quand meme a 1h30 de route de Valparaiso mais cela sera aussi l’occasion de voir un peu plus a quoi ressemble cette partie du Chili. Nous nous rendons donc a la gare routiere et prenons nos tickets de bus pour Isla Negra, un peu a l’aveuglette car notre guide n’a pas de carte des environs et nous n’avons meme aucune idee d’ou ce village peut se trouver. Heureusement l’endroit est suffisamment connu pour que tout le monde sache ou nous voulons aller et que le chauffeur de bus nous depose quelque part en bord d’ocean en nous indiquant qu’il s’agit de notre destination.

La maison est effectivement superbe, grande construction de bois toute en longueur situee juste au bord de l’ocean dont les vagues rugissent toutes proches. Neruda etait passionne par la mer et son refuge d’Isla Negra est mi-maison mi-bateau. Dans le jardin trone une jolie barque peinte aux couleurs vives ainsi qu’un grand mat de navire agremente de plusieurs cloches qu’il faisait sonner pour saluer les bateaux de passage (la maison etait son bateau a lui dont il etait le capitaine, disait-il). Une ancre et une drole de sculpture representant un poisson dans un cercle completent le paysage marin. Nous optons pour la visite guidee en espagnol, pensant que cela nous fera du bien de pratiquer un peu cette langue mais cela s’avere finalement plus difficile que prevu. L’accent chilien n’a rien a voir avec celui d’Argentine auquel nous etions habitues, et le debit rapide de notre guide rend une bonne partie de ses explications incomprehensibles. Decidement, il va falloir nous y mettre serieusement si nous voulons pouvoir communiquer dans les mois a venir. Pour l’instant, ce n’est pas tres genant car la plupart des objets parlent d’eux memes et le peu que nous comprenons nous suffit a reconstituer leur histoire. Nous regrettons le rythme rapide de la visite guidee, tellement l’interieur de la maison nous charme et donne tant a voir.

Le theme marin continue avec de superbes figures de proue peintes accrochees un peu partout au mur. Chaque detail a un sens et a ete pense par le poete, comme ces deux tableaux se faisant face, l’un d’une reine, l’autre d’un prince, afin d’etre sur que la reine ne s’ennuie pas seule dans la piece ! Neruda etait aussi un infatigable collectionneur et chaque piece est decoree d’une partie de ses trouvailles : des verres de couleur, des pipes, des cartes anciennes, des manuscrits, c’est un drole de musee qui s’offre a nous. Un peu plus loin, ce sont d’etonnants coquillages qu’il a reunis tout au long de sa vie. Nous comprenons pourquoi cette maison etait sa preferee, c’est vrai que c’est celle qui reflete le mieux ses pensees et ses gouts. Encore une fois, nous regrettons de ne pas pouvoir flaner un peu pour decouvrir les petits details caches de chaque piece mais la visite est deja finie et il est temps de quitter les lieux. Il nous reste le jardin ou sont enterres le poete et sa seconde femme, pour rever tout a notre aise en contemplant l’ocean !

Nous profitons de notre escapade maritime pour deguster un bon poisson dans un des petits restaurants du village ou nous sommes accueillis par un couple de personnes agees, Monsieur fait le service et Madame cuisine. Nous avons un peu l’impression d’etre en vacances pour une journee au bord de la mer apres plusieurs jours passes en ville. Nous attrapons un bus en sens inverse et rentrons en fin d’apres midi a Valparaiso. Cette fois, c’est decide, nous reprenons la route demain et avons deja achete nos billets de bus pour Mendoza, en Argentine. Nous avons un peu de mal a quitter ce petit appartement ou nous nous sentions deja chez nous et a refaire nos sacs a dos pour reprendre une vie de nomades. Mais la perspective de retrouver l’Argentine, dont je garde un souvenir excellent de notre precedent voyage il y a deux ans, me motive pour le trajet qui nous attend demain. En plus, nous ne quittons le Chili que temporairement puisque nous devons encore nous y rendre a deux reprises pendant notre periple et le depart est donc plus facile.

Jour précédent : 7 km d’ocean Sommaire : Chili Jour suivant : Premiers vertiges de l’altitude

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