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Dans le labyrinthe des marchés de La Paz

Mercredi 13 Juin, La Paz

mercredi 13 juin 2007, par Laure


Toujours aussi fascinée par les marchés du monde et leur joyeuse animation, je convaincs Thibaut de partir à la recherche d’un de ceux de La Paz, guidés par les indications plus que succintes du guide (cela devient une habitude). Nous grimpons à travers les petites rues pentues de la ville jusqu’au quartier de Buenos Aires où nous découvrons notre but : en effet, le marché est si immense et la foule si importante que nous ne risquions pas de le rater. Les gens se pressent dans la rue, au point qu’il est difficile de circuler et nous nous délectons des costumes si originaux des Boliviennes qui leur donnent une drôle d’allure. En effet, la tenue traditionnelle comprend une jupe longue composée d’une multitude de jupons faisant ressembler la plus mince des femmes à un Bibendum, une chemise assortie, le tout dans des couleurs vives, et un incongru chapeau melon digne des Dupont Dupond. Elles portent très souvent également une pièce de tissu en laine nouée autour des épaules et leur servant à transporter tout ce qui se présente, du bébé solidement arrimé dans le dos de sa mère aux énormes ballots de légumes ou de marchandises. La rue est bordée de stands et nous comprenons vite que chaque rue du quartier est transformée en marché et spécialisée dans un type de commerce. Nous traversons le coin des légumes, avec ses amoncellements de pommes de terre, tomates ou fruits aux belles couleurs, celui des céréales stockées dans de grands sacs, croisons des stands de poissons regorgeant de truites fraîchement pêchées dans le lac Titicaca voisin et arrivons vers la partie réservée aux produits manufacturés. Nous profitons de notre présence pour faire quelques achats de produits de base, c’est tellement plus amusant d’avoir un prétexte pour parcourir les étalages. Les prix sont incroyablement bas, se chiffrant en centimes d’euros pour un paquet de gâteaux ou des chaussettes. Nous nous perdons volontairement dans le dédale de rues envahies par les étals, nous réjouissant des surprises découvertes à chaque nouveau détour. Un peu plus loin, nous croisons ce qui semble être le coin des contrefaçons, avec de vrais faux jeans de marque et des sweat shirts à la pointe de la mode mais hélas pas un seul collant de laine en prévision du froid glacial qui nous attend prochainement. Thibaut profite du stand de papèterie pour se réapprovisionner en carnet de voyage et nous regagnons enfin notre hôtel par un escalier en pente raide qui nous ramène miraculeusement à notre point de départ.

Après cette grande balade, nous n’avons aucune envie d’aller nous enfermer au musée comme nous l’avions initialement prévu et préférons passer le reste de l’après midi à flâner en ville, d’autant que le ciel est d’un bleu éclatant. Nous prétextons quelques vagues corvées pour aller découvrir le bas de la ville, quartiers plus modernes abritant cinémas, magasins (un peu plus) chics et beaux immeubles. La Paz nous surprend par son agitation incessante. Traverser la rue est ici un vrai défi à chaque fois tant les bus poussifs et les collectivos ou taxis sont nombreux et se prennent tous pour des as du volant dans leur frénésie à doubler le concurrent et à lui rafler ainsi quelques passagers. Même sur les trottoirs, une foule étonnante se presse, les hommes en costume cotoient les Boliviennes en tenu traditionnelle et les mille vendeurs de rue, proposant gâteaux, papèterie, CD et autres gadgets informatiques ou encore rédaction de vos déclarations d’impôts ou contrats d’assurance pour ceux qui ne s’y retrouvent pas dans les papiers administratifs. Nous marquons une halte à La poste, immense alignement de bureaux dans un imposant bâtiment, nous renseignant pour le colis que nous avons prévu d’envoyer d’ici quelques jours. Nous filons ensuite vers une agence de voyage qui propose de réserver des chambres dans l’hôtel où nous souhaitons aller à Coroico, notre prochaine destination. Contraints de rester plus longtemps que prévu à La Paz, nous avons en effet décidé de nous offrir quelques jours de farniente sous les tropiques, dans ce petit village situé à "seulement" 2500 mètres d’altitude, ce qui nous permettra aussi de moins souffrir de l’altitude pendant quelques jours. J’hésite longuement devant le classeur présentant des photos des chambres, toutes différentes et toutes aussi charmantes puisqu’il s’agit de bungalows disséminés sur une colline et finis par craquer pour celle qui offre la plus belle vue, en espérant que la réalité soit aussi belle que le cliché. C’est un peu plus cher que notre budget habituel mais nous avons fait des économies à La Paz et un peu de luxe nous fera du bien avant de réattaquer les rigueurs de l’altiplano. Nous terminons notre promenade par une petite halte à l’Alliance Française, toujours en quête d’un peu de lecture fraîche. Malheureusement les crédits français ne semblent pas à la hauteur de l’appétit des peuples étrangers pour notre langue puisqu’ici comme dans plusieurs pays auparavant le choix est bien maigre. Tous les journaux ont plusieurs mois et quant aux livres de la bibliothèque leur âge doit se compter en dizaines d’années... Heureusement que j’avais été prévoyante et qu’un petit stock de livres m’accompagnait depuis l’Argentine !


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