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Mariage indien

Samedi 2 Septembre

samedi 2 septembre 2006, par Laure


Nous décidons de profiter de cette journée en ville pour nous organiser pour la suite du voyage et régler diverses corvées (lessive, cybercafé, achat de timbres...). Après une petite promenade à pied dans les quartiers chics de Kuala Lumpur (gratte ciels, shopping centers, Hard Rock Cafe... nous ne sommes pas depaysés), nous prenons le métro direction la gare centrale. Nous voulons réserver des billets de train pour nous rendre aux Cameron Highlands demain, ayant entendu de mauvais échos sur les compagnies de bus pour cette destination qui se livrent apparemment a des vols organisés des bagages de soute. Arrivés à la gare, nous passons devant une boutique Fuji faisant la publicité de ses développements de photos numériques et/ou gravage sur CD. Comme je commence à avoir beaucoup de photos en stock, je me dis que ce serait une bonne idée d’en profiter pour les graver avant qu’il ne leur arrive malheur. Et bien non... fatale erreur ! Malgré l’armada de vendeurs qui se pressent autour de ma carte mémoire et le temps passé à la manipulation, il semble qu’il soit définitivement trop compliqué de copier mes photos sur le PC sans planter le tout 5 ou 6 fois. Alors que je tremble pour mes précieuses photos, le vendeur finit par arriver à graver un CD et me rend ma carte. Mais quand je rallume l’appareil photo pour vérifier que tout va bien, je me rends compte, ô stupeur, que 2 journées et demi complètes de photos ont disparu ! Je suis furieuse et maudis en vrac les vendeurs incompétents, les cartes mémoire et la technologie moderne ! Décidant de ne pas gâcher la journée complète à râler, je tente d’oublier le problème et nous nous mettons en quête d’un guichet de gare (où d’ailleurs nous aurions mieux fait d’aller directement au lieu de nous laisser tenter par des devantures faussement alléchantes). Nous finissons par trouver le comptoir de la SNCF locale, bien caché au milieu de toutes les boutiques, et tentons de comprendre quelque chose aux horaires...pour nous rendre compte finalement que nous ne sommes pas beaucoup plus avancés. En effet, les trains qui nous intéressent ont pour étrange coutume de partir et/ou d’arriver en pleine nuit (et quand je dis en pleine nuit, ce n’est pas 23h ou minuit mais bien 2 ou 3 heures du matin !). Peu tentés par la perspective d’errer dans les rues ou la gare d’une ville inconnue en attendant l’aube, nous décidons de changer nos plans encore une fois et d’aller à Malacca demain au lieu des Cameron Highlands. Nous repartons de la gare pas beaucoup plus avancés, direction la poste pour découvrir... devinez quoi ??... qu’en vertu d’une (autre) étrange coutume, la poste est fermée tous les premiers samedis du mois !!! Y’a des jours comme ça où on ferait mieux de rester couchés !

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Tourelles et clochetons

Nous laissons tomber toute tentative de démarche utile pour aujourd’hui et allons nous consoler en visitant l’ancienne gare de Kuala Lumpur (la nouvelle, ça va, on a déjà donné !). Le bâtiment superbe, aux allures de mosquée avec ses minarets et clochetons blancs et ses faux moucharabiehs, est maintenant désaffecté depuis la construction de la nouvelle gare. L’ambiance n’en est que plus étrange et nostalgique et cela donne une drôle d’impression que de longer ces quais maintenant déserts, ces salles immenses qui n’accueillent plus de voyageurs ou ces escaliers abandonnés, à la recherche du meilleur point de vue sur cette architecture incroyable. Nous testons ensuite le cybercafé, version chinois : 3 grandes pièces vitrées avec dans chacune une vingtaine d’ordinateurs, le tout plongé dans la pénombre et avec de la musique (pop chinoise ou malaise ?) à fond ! C’est l’antre des joueurs en réseau, apparemment nombreux ici, dont les parties sont ponctuées de hurlements, d’applaudissements ou d’embrassades soudaines selon la bonne ou la mauvaise fortune des joueurs. Nous essayons tant bien que mal de nous concentrer pour mettre le site à jour et répondre à nos mails.

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Les messieurs en serviette blanche sont les pretres !

En fin d’après midi, nous décidons de visiter le temple hindou de KL, nous commençons à y prendre goût ! L’ambiance aux alentours est particulièrement animée, avec des vendeurs de guirlandes de fleurs affairés et de nombreuses voitures déposant des gens bien habillés. Nous découvrons en rentrant dans le temple qu’un mariage se prépare et décidons de rester pour en suivre au moins le début. Nous nous faisons tout petits dans un coin (ce n’est pas très discret, nous sommes les seuls occidentaux !) et assistons aux préparatifs : les femmes, vêtues de leurs plus beaux saris de toutes les couleurs et bijoux se rassemblent et s’asseyent d’un côté du temple, les prêtres portant un simple morceau de tissu blanc noué autour de la taille préparent et organisent diverses offrandes et objets sacrés au centre du temple, la mariée part discrètement se cacher dans une pièce réservée à cet effet et sa demoiselle d’honneur dans la pièce d’à côté, quant aux hommes, qui semblent bizarrement moins nombreux, ils se rassemblent du coté opposé du temple.

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Dzoing Boum Ding

La cérémonie peut alors commencer au son de deux musiciens qui assurent l’ambiance : l’un est muni d’une sorte de trompette lancinante et l’autre d’un tambour et de cymbales. Les prêtres procèdent à tout un rituel visant, je suppose, à bénir le marié qui est pour l’instant tout seul, avant que tout ce petit monde ne parte en procession faire le tour du temple (pour que l’on puisse admirer le costume du marié ?). Celui-ci s’en va alors et on recommence avec la mariée. L’ambiance est très décontractée, rien à voir avec nos églises : les enfants jouent et courent au milieu du temple ; les invités papotent entre eux. Alors que les mariés sont enfin réunis pour la dernière séance de purification et bénédiction, des hommes commencent à s’affairer pour préparer le buffet. Un indien qui passe avec un grand plat nous offre à chacun un délicieux gâteau en forme de boule sucrée, nous expliquant qu’un grand buffet végétarien va être servi et que nous sommes cordialement invités. Nous n’osons pas vraiment profiter ainsi du banquet de mariage mais, alors que nous n’allions pas tarder à partir, le même indien revient et nous tend une feuille de bananier bien garnie de riz, lentilles et pois chiches. Bon, pas besoin de faire des manières, nous n’avons plus qu’à manger, et avec les doigts car ici Malais et Indiens n’utilisent pas de couverts. D’ailleurs plusieurs personnes profitent déjà du repas alors que la cérémonie de mariage continue !

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Y’a de la couleur dans les robes

Pendant que nous nous régalons de notre repas, délicieux (entre temps nous avons été resservis copieusement par un indien heureux que nous appréciions leur cuisine), une immense queue s’organise pour accéder à un deuxième buffet, plus luxueux et pourvu d’assiettes, qui semble réservé aux invités officiels, celui où nous avons été servis étant plutôt pour les inconnus qui passaient par le temple à ce moment là. Quasiment tous les invités ont déserté la cérémonie qui se poursuit pourtant vaillamment (pauvres mariés, mêmes pas invités à leur propre repas de mariage). Nous regardons les invités qui se régalent du 2nd buffet, sans vouloir abuser de l’hospitalité indienne, mais après plusieurs invitations à aller se servir également, accompagnées d’immenses sourires, nous finissons par craquer et allons nous remplir une assiette de délicieuses spécialités : riz, curry de légumes, beignets, popodums et fruits pour le dessert. Nous quittons le temple peu après, repus et contents de cette soirée pour le moins originale.

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